Vulgarisation scientifique : mode d’emploi

Vulgarisation_scientifique_mode_d_emploi

Cécile Michaut est docteur en chimie et journaliste scientifique depuis 1998. Elle enseigne la vulgarisation scientifique dans des universités et écoles supérieures. Elle a fondé une société, Science et Partage, qui oeuvre dans ce domaine bien particulier de la formation à la vulgarisation.

vulgarisation-scientifique-mode-d-emploi-160-p-16-edpsciences

Son livre, Vulgarisation scientifique, mode d’emploi, édité par EDP Sciences est un concentré d’intelligence et de passion pour la transmission. Cécile Michaut y évoque les (bonnes) raisons pour vulgariser les sciences, les bonnes façons de s’y prendre, les (mauvaises) craintes qu’il faut apprendre à apprivoiser. Ce qui est particulièrement précieux, c’est qu’elle a inclus dans son livre des interviews de scientifiques, de journalistes, d’animateurs, le livre en devient vivant et ouvert.
Il s’adresse avant tout aux chercheurs qui souhaitent partager leurs recherches et leurs savoirs, mais il ne m’a pas laissée indifférente, parce que nombre des points qui y sont abordés coïncident avec ma pratique quotidienne.
C’est la lecture de ce livre, entre autres, qui m’a poussée à refaire mon site sous la forme qu’il a actuellement, avec des billets comme celui-ci, dans lesquels je partage mes lectures, mes découvertes, mais aussi ma façon d’envisager mon travail.

Plus particulièrement, voici la phrase magique qui a illuminé ma journée de lecture. Elle est du physicien Etienne Klein, et je devrais l’écrire sur le mur en face de mon bureau tant elle contient, en quelques mots, les raisons pour lesquelles j’aime mon métier :

Si l’on veut participer à un monde commun, chacun doit pouvoir expliquer ce qu’il fait en tenant compte des connaissances de l’autre.

Etienne Klein, in Vulgarisation scientifique, mode d’emploi

L’idée de « participer à un monde commun » est primordiale. Les scientifiques qui nous offrent une part de leurs connaissances nous permettent de rendre notre monde plus vaste, et ils se donnent aussi la possibilité d’accroître le leur de nos propres connaissances, questionnements, voire inquiétudes. Le monde commun qui en résulte est capable encore de grandir à la prochaine rencontre.

Je parlais de mon métier, il y a quelques lignes, et j’aimerais faire le lien entre ce livre et mon activité.
Grâce à une réponse à une offre d’emploi, il y a 8 ans, je me suis retrouvée entourée de scientifiques passionnants, avec comme but de réaliser de petits films pour le Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse. Il s’agissait , précisément, de 22 films de quelques secondes qui devaient illustrer 22 « noeuds » dans l’arbre du vivant, c’est à dire 22 modifications importantes des êtres vivants ayant abouti au développement de nouveaux groupes d’êtres vivants.
Je travaillai sous la direction de Nathalie Grenet, une formidable muséographe, et de Yves Lignereux, un zoologue dont j’aurais volontiers écouté les histoires pendant des heures.

Cette expérience fut ma première rencontre avec les sciences, en tant que réalisatrice de films d’animation. Depuis, les rencontres se sont succédées, et j’ai eu le plaisir d’aborder des sujets et des matières très variés. Je ne fais donc pas de vulgarisation scientifique, mais je me considère comme une sorte de transformateur par lequel le savoir du scientifique passe et atteint le public.

Je prends le temps de discuter avec les scientifiques avec lesquels je travaille sur leur volonté de transmission, et j’essaie d’identifier leurs besoins, leurs craintes, et de me nourrir de leur enthousiasme. Le livre de Cécile Michaut m’a offert de nouvelles clés pour envisager une relation plus riche encore entre eux et moi.

Vous souhaitez réagir à cet article, partager votre expérience ? Les commentaires sont là pour ça !